Alexandre Pouchkine
Adieu
Je m’enhardis une dernière fois
a caresser en esprit ton image,
usant toute ma force à raviver un songe,
me complaisant, non sans chagrin ni craintes,
à évoquer ce qui fut notre amour.
Nos années fuient, nos années vont changeant
et changent tout, et nous changent nous-mêmes.
Pour moi qui te chantais hier encore,
Tu es voilée d’une ombre sépulcrale,
Pour toi l'ami d'hier n'est plus qu'un feu éteint.
Accueille, ô ma compagne pour toujours distante,
ces adieux que t'adresse mon cœur,
comme ferait une épouse endeuillée
ou un ami qui étreint son ami
sans dire un mot au seuil d'une prison.
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