Christopher Smart

"Jubilate Agno"

Sur l'auteur :  Christopher Smart est le plus étrange représentant de la poésie anglaise du 18e siècle. Les rares documents que nous possédons sur lui nous le montrent sous l'aspect d'un ivrogne plusieurs fois arreté pour dettes, qui termine en prison sa lamentable existence de poète maudit.
Brillant licencié ès-lettres de Cambridge en 1747, il alla exercer la profession de journaliste à Londres. Au cours de l'année 1756 il eut un accès de folie du à l'exacerbation de ses sentiments religieux sous l'influence de l'alcool.
On l'interna dans l'asile d'aliénés de Bedlam d'où il ne devait sortir qu'en 1763. Il y composa son Hymne à David, inquiétant chef-d'oeuvre d'une intensité imaginative saisissante, qui fait songer à William Blake. Cet Hymne, d'une forme rigoureuse permet de rattacher Smart aux survivants du classicisme qui eurent pour modèle Edward Young (1683 - 1765).
Par contre, dans Jubilato Agno, Smart abandonne la cuirasse des strophes et des rimes pour exprimer plus librement sa pensée. Il y exhorte toute les créatures vivantes à louer le Seigneur et à le glorifier à jamais; par ailleur il y expose toutes ses lectures, toute sa vie, et nul ne saurait le bien comprendre sans avoir lu cette extraordinaire biographie.
Jacques Papy


Réjouissez-vous en Dieu, O Langues! chantez la gloire du Seigneur, et de l'Agneau.
Nations, et Langages, et toutes Créature en qui est le souffle de Vie.
Que l'homme et la bete comparaissent devant lui, et, ensemble, exaltent son nom.
Que Noé et sa troupe approchent du trone de Grace, et rendent hommage à l'Arche de leur Salut.
Qu'Abraham offre un Bélier, et adore le Dieu de sa Rédemption.
Qu'Isaac, le Nouveau Marié, s'agenouille avec ses Chaleaux, et bénisse l'espoir de son pélerinage.
Que Jacob et son Troupeau tacheté adorent le bon Berger d'Israel.
Qu'Esau offfre un Bouc émissaire pour sa postérité, et se réjouisse de la bénédiction de Dieu, son père.
(...)

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